L’Écriture du Logos · Le Livre de Marc Aurèle
Le Livre de Marc Aurèle 7 · Notes à lui-même. De sa main, et pour aucun lecteur
Marc Aurèle, né à Rome en 121, mort en 180 auprès de l’armée sur le Danube. Empereur à partir de 161 pendant dix-neuf ans, à travers la peste, les crues et la guerre à la frontière, et il en passa la plus grande part au camp. Les carnets sont en grec, au nombre de douze. Il a écrit de sa main, mais non pour publier. Ce sont des notes privées : écrites au camp, la nuit, pour lui-même. Il ne leur a donné aucun titre et n’a pas voulu qu’on les lise. Elles se répètent donc, et pour une bonne part c’est un homme qui se persuade lui-même ; l’Ordre n’en retranche rien — c’est précisément l’usage de ce livre : on ne t’explique rien, on te montre un homme à l’ouvrage. Il fut l’homme le plus puissant de son temps. Un autre, dans cette écriture, fut esclave (cf. Le Livre d’Épictète). Ce que les deux disent est presque la même chose. L’Ordre tient que ce fait mérite plus d’attention que les sentences de l’un ou de l’autre : une même doctrine, éprouvée tout en bas et tout en haut. Le chapitre six est ce qui compte le plus : ses pages sont pleines de dieux et il ne clôt jamais un raisonnement par l’un d’eux — il pose providence ou atomes, calcule les deux, et aboutit à la même conclusion. C’est précisément pour cela que l’Ordre le prend.