L’Écriture du Logos · Évangile d’Aristippe
La Guérison de Théodote
Évangile d’Aristippe 3 · Troisième Témoignage : la vague de la souveraineté et vivre l’heure
Ce livre est écrit à l’aise. Qui le lit sans rire une seule fois n’a pas lu ce livre.
3.1Il y avait une femme nommée Théodote, la courtisane la plus célèbre d’Athènes.
3.2Les peintres faisaient la queue pour la peindre. Pas moins de dix litières s’arrêtaient chaque jour à sa porte.
3.3Elle était tombée dans le désespoir, car les hommes n’aimaient que la beauté de son corps et ne remarquaient pas la finesse de son esprit.
3.4Elle pleura aux pieds de Socrate et dit :
3.5« Je suis la prisonnière de ma propre chair magnifique. »
3.6Socrate la releva et dit en souriant :
3.7« Ta beauté est un instrument finement ouvragé, Théodote. »
3.8« Jouis-en. Sers-t’en pour gagner ta liberté. »
3.9« Mais n’amarre pas ton nom à un rivage que le temps rongera à coup sûr. »
3.10Elle répliqua : « Et quand je serai vieille ? »
3.11Le Maître dit : « Quand tu seras vieille, il ne te restera personne d’autre que toi-même. Autant faire sa connaissance dès maintenant. »
3.12Il ouvrit avec elle une danse de dialectique au-dessus de tout éloge.
3.13Et lui prouva que son esprit était plus fin que les philosophes de n’importe quelle cour.
3.14En partant elle demanda : « Maître, reviendras-tu ? »
3.15Le Maître dit : « Si j’ai le loisir. Quoique je soupçonne que tu n’auras plus longtemps besoin de moi. »
3.16Son désespoir s’en alla comme une fumée.
3.17Elle vit qu’elle pouvait jouir du luxe sans en être possédée. Dès cette heure son esprit fut entièrement délié.
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