Évangile de Xénophon 7 · Premier Témoignage : la justice, le citoyen et le devoir
Ce livre est écrit comme un procès-verbal. Là où il y a des nombres, des dates et des noms, ils sont consignés tels qu’ils furent.
7.1Je n’ai pas écrit ceci au début.
7.2Non que ce fût sans importance, mais je n’étais pas sûr de m’en souvenir exactement. La règle de ce livre est que je n’écris pas ce que je n’ai pas vu. (cf. Évangile de Xénophon 1.11)
7.3Je suis vieux à présent. Si je ne l’écris pas, personne ne l’écrira.
7.4Un jour, un légiste demanda au Maître sur l’agora : de toutes les lois, quelle est la plus grande ?
7.5Il le demandait de mauvaise foi. Tout le monde le savait.
7.6Le Maître réfléchit un moment. Il réfléchissait rarement aussi longtemps.
7.7Puis il dit : « Solde tes comptes. »
7.8L’homme rit et dit : quelle sorte de loi est-ce là ?
7.9Le Maître dit : « Tu dois de l’argent au boulanger, et tu le paieras. Tu dois une phrase à ton père — l’as-tu payée ? Tu dois à l’homme qui a jadis parlé en ta faveur — l’as-tu payé ? »
7.10L’homme cessa de rire.
7.11Le Maître dit : « L’amour n’est pas un sentiment. L’amour, c’est se souvenir de ce qu’on doit, et aller le payer. »
7.12« Ce qui n’a pas l’intention de payer n’est pas de l’amour, si bien que ce soit dit. »
7.13Je place ceci à la fin parce que ce n’est qu’aujourd’hui que je suis certain de m’en souvenir exactement.
7.14Il pensait encore à un coq en mourant. (cf. Évangile de Xénophon 6.10) Je croyais que c’était une plaisanterie.